Une histoire parallèle
Les communistes dans la Révolution

Par Fateh Adli
Publié le 04 nov 2019
L’histoire du mouvement communiste algérien est étroitement liée à celle du mouvement national, depuis sa naissance, mais leur cheminement et leur destin ont souvent divergé. Pour des raisons idéologiques ou de pouvoir, cette histoire n’a pas eu droit au traitement qu’elle mérite, au vu de sa profondeur et de la contribution apportée par les communistes algériens, au cours de différentes étapes, à la lutte pour l’indépendance du pays.
Abane-Maillot

Sous prétexte que le Parti communiste algérien (PCA) n’a pas adhéré en tant qu’organisation au mot d’ordre de l’insurrection armée, sous la bannière du Front et de l’Armée de libération nationale, l’historiographie officielle ne s’est penchée sur ce parcours singulier que superficiellement.
Pourtant, les communistes furent nombreux à rejoindre le maquis dès les premières années de la Révolution, et plus nombreux encore à partir de 1956, grâce aux efforts ininterrompus d’Abane Ramdane, qui, dans le sillage du congrès de la Soummam du 20 août 1956, entreprit d’unir les rangs des nationalistes et de les gagner à la cause. Cette adhésion fut obtenue, alors que les dirigeants nationalistes étaient encore choqués par la position peu flatteuse du Parti communiste français (PCF) – avec lequel le PCA gardaient encore des liens forts – qui venait de voter, à l’Assemblée nationale, les pouvoirs spéciaux qui allaient lancer la répression de la guérilla à Alger dès 1957.
Lui-même proche de certains militants communistes qui avaient, à l’époque, pignon sur rue en Kabylie, Abane Ramdane réussit la prouesse de parvenir à un accord avec les dirigeants du PCA, acceptant même l’entrée de ce parti en tant que structure au sein du FLN, alors que la règle, au départ, était d’admettre les adhésions individuellement, comme c’était le cas avec toutes les autres formations du mouvement national (UDMA, ouléma…). Son argument, rejeté ensuite par les autres dirigeants de la Révolution, est que si les pays communistes voulaient fournir des armes aux combattants algériens, il était plus judicieux d’accepter le Parti communiste algérien en tant que parti au sein du FLN.
En réalité, les membres du PCA n’ont pas attendu l’ouverture de négociations avec la direction du FLN pour s’engager pleinement dans la lutte armée contre l’armée d’occupation. Dès avril 1956, le militant communiste Henri Maillot a réussi, avec un groupe de «Combattants de la libération» affilié au PCA, à s’emparer d’un camion d’armement des troupes coloniales au profit de la résistance algérienne dans la région de l’Ouarsensis. Cette initiative changea complètement la donne et ébranla les états-majors de l’armée française qui redoutaient l’existence de complicités au sein de leurs unités militaires. Jaloux de son autonomie, mais en même temps très engagé dans le combat anticolonial, le PCA était, pour ainsi dire, le seul parti algérien, en dehors du FLN, à créer son propre maquis et à combattre par les armes. Il se trouve que certains chefs du FLN n’avaient pas totalement assimilé ce fait.
La direction du PCA de l’époque, conduite notamment par Bachir Hadj Ali et Sadek Hadjerès, futur fondateurs du Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS) qui succéda au PCA à partir de 1965, négocia avec le FLN, représentée par Abane Ramdane et Benyoucef Benkhedda, les prédispositions du PCF et de son maquis à collaborer avec les maquis de l’ALN, avant de parvenir rapidement à un accord politique. D’entrée, les émissaires du FLN ont expliqué à leurs interlocuteurs que l’efficacité de l’action nécessitait, selon eux, de transcender définitivement les clivages entre différents partis et, pour cela, le seul moyen était que les partis s’effacent. Sans aller jusqu’à exiger la dissolution du PCA, les responsables du FLN mettaient en avant le principe selon lequel le Front de libération se proposait de drainer les forces patriotiques en un seul mouvement et seulement sur la base des adhésions individuelles.
Les dirigeants communistes se sont vite montrés enthousiastes et ne voyaient aucune contradiction avec le rôle de noyau dirigeant auquel le FLN aspirait, tant que l’autonomie politique des individus qui décidaient d’y adhérer était respectée. Au cours de cette discussion, les deux parties ont évoqué la question syndicale qui tenait tant à cœur les militants communistes et dans laquelle ils avaient tant investi. Les communistes n’avaient pas vu d’un bon œil l’unilatéralisme du FLN dans la création de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA).
Les communistes vont jouer un rôle au congrès de la Soummam, à travers notamment Amar Ouzeggane, ancien militant et premier secrétaire du PCA dans les années 1940, qui rédigera la fameuse plateforme du congrès.
L’histoire du mouvement national regorge de noms de communistes qui ont porté haut et fort la cause nationaliste en Algérie et à l’étranger : Chebbah El-Mekki, Larbi Bouhali, Abdelhamid Benzine et tant d’autres.

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