Aux origines du parti communiste algérien

Par Fateh Adli
Publié le 04 nov 2019
Le mouvement communiste algérien est aussi vieux que le mouvement national. Les deux ont eu des itinéraires parallèles, mais, à des moments cruciaux de l’histoire, ils se rejoignent et se renforcent mutuellement.
Kaddour Belkaïm, de son vrai nom Kaddour Boussahba
Défilé de l’équipe d’Alger Républicain à Alger, le 1er mai 1963.   Boualem Khalfa en médaillon
Henri Alleg en médaillon et l’équipe d’Alger Républicain en 1963

Né au début des années 1920, comme une extension du Parti communiste français (PCF), le Parti communiste algérien (PCA) dut batailler longtemps pour acquérir son autonomie organique et politique. Cela se réalisa en 1936. Composées principalement d’ouvriers algériens expatriés et d’Européens engagés, les premières structures du parti se sont rapidement élargies à d’autres catégories de la société, notamment les élites.
Son premier secrétaire, issu du congrès constitutif tenu en octobre 1936, était Ben Ali Boukort, un intellectuel de Relizane plus connu sous son pseudonyme El Djazairi avec lequel il signait ses articles dans la presse. Trois ans plus tard, il quitte le PCA et cède sa place à Kaddour Belkaïm, de son vrai nom Kaddour Boussahba. Celui-ci sera, quelques mois plus tard, déporté dans la région d’Aïn Sefra, à la suite de l’interdiction du PCA par le gouvernement de Vichy. Il y mourra une année plus tard.
Après une période de vacance, le poste de premier secrétaire sera occupé par Amar Ouzeggane de 1943 à 1947. Ce dernier entre en conflit avec le Comité central du parti au sujet de la stratégie politique à adopter aussi bien avec le mouvement national indépendantiste qu’avec le PCF. Il est rétrogradé au rang de troisième secrétaire avant d’être évincé du bureau politique du PCA, pour être finalement exclu du parti par sa cellule. Amar Ouzeggane capitalisera par la suite sa riche expérience politique au sein du PPA-MTLD puis du FLN où il se distingue par son dynamisme et son apport précieux à l’action révolutionnaire. Il est surtout connu pour être le rédacteur de la célèbre plateforme du congrès de la Soummam.
Amar Ouzeggane sera donc remplacé, en 1947, par Larbi Bouhali qui va garder le poste de premier secrétaire jusqu’en septembre 1955 avant l’interdiction du parti par les autorités françaises. Il continuera à occuper ce poste dans la clandestinité jusqu’à l’indépendance de l’Algérie, en 1962.
A la sortie de la Seconde Guerre mondiale, et à la faveur des décantations qui ont eu lieu au sein de la mouvance communiste en général, le PCA s’algérianise avec une vague d’adhésions, dont 80 % d’Algériens. Le parti réussit même à s’implanter dans certaines zones rurales pauvres et dans des bidonvilles urbains.
Cette tendance ne tardera pas à s’étendre aux instances dirigeantes du parti. Contrairement à ce qui se faisait dans le passé, où le PCF formatait des militants «musulmans» selon des critères bien définis, une nouvelle prise de conscience se cristallise dans les rangs des autochtones, permettant l’émergence des figures nouvelles, pour la plupart de jeunes intellectuels, lesquelles figures vont marquer l’histoire du communisme algérien durant des décennies.
On citera notamment Bachir Hadj Ali qui, à l’âge de 27 ans, devient rédacteur en chef de l’hebdomadaire Liberté, organe central du PCA, dès 1947. Il y avait aussi Ahmed Akkache, secrétaire général des Jeunesses communistes en 1946, qui entre au comité central du PCA dès l’année suivante, alors qu’il n’a que 21 ans, puis au bureau politique en 1949. Tout aussi jeune (25 ans en 1948), Boualem Khalfa devient rédacteur en chef d’Alger républicain, porte-voix historique des communistes algériens jusqu’au début des années 2000. C’est, d’ailleurs, à travers ce journal, qui est aussi celui des ouvriers et des paysans, que les communistes algériens réussissent à consolider leur attachement à l’idée de libération et d’indépendance de l’Algérie.
Arrivé plus tard au PCA (1950), Sadek Hadjeres y connaît une ascension rapide : membre du comité central en 1952, du bureau politique en 1954, numéro deux du parti, aux côtés de Bachir Hadj Ali, durant toute la guerre de Libération nationale. Mêlé à la crise dite berbériste de 1949, aux côtés notamment de Ouali Bennaï et Rachid Ali-Yahia, cet ancien nationaliste se reconvertit au communisme et n’est plus revenu au mouvement nationaliste qui a succédé au PPA-MTLD. En 1965, il crée avec Bachir Hadj Ali le Parti d’avant-garde socialiste (PAGS), héritier du PCA qu’il présidera jusqu’à 1992, date de son départ en exil.
Il faut savoir que le comité central du PCA, élu par le IVe congrès tenu en avril 1947, était composé de 25 Européens et de 23 Algériens dits « Arabo-Berbères ». Son bureau politique comptait neuf Européens (Paul Caballero, Henriette Neveu, Pierre Fayet, Alice Sportisse, Yvonne Kouch, Roger Rouzeau, Elie Angonin, Nicolas Zannetacci, André Moine) et huit « Arabo-Berbères » (Larbi Bouhali, Amar Ouzeggane, Rachid Dalibey, Ahmed Mahmoudi, Cherif Djemad, Ahmed Khalef, Bouali Taleb, Abdelhamid Boudiaf), son secrétariat, un Européen (Paul Caballero) et trois Algériens de souche (Amar Ouzeggane, Larbi Bouhali et Rachid Dalibey)

Adel Fathi

MOUVEMENT NATIONAL

Combattre pour l’Algérie

Fatiha et Cherifa Tayeb Brahim

FIGURES HISTORIQUES

L’homme qui portait la lumière sur son visage

Il y a 30 ans disparaissait le moudjahid Lakhdar Rebbah

GRANDES DATES

Le mardi noir de Ghazaouet

22 octobre 1958

MEMOIRE

Diva et … Moudjahida

Portrait de Fadila Dziria

UNE VILLE, UNE HISTOIRE
CONTRIBUTION

Octobre 1958

Retour sur la bataille d'El Merdja