Terreur en Métropole

Par Fateh Adli
Publié le 30 déc 2019
L’histoire des condamnés à mort pendant la guerre de libération sur le sol français a été aussi intense et douloureuse qu’en Algérie, avec un impact encore plus direct sur la politique officielle française et ses rapports avec les «événements» qui secouaient l’Algérie depuis novembre 1954.
La prison Barberousse

Souvent accusés de terrorisme, pour avoir mené des actions armées contre des cibles officielles ou pour implication dans les conflits sanglants avec les messalistes, ils étaient 112 militants du FLN à être jugés et condamnés à mort sur le territoire français. L’objectif pour les dirigeants français étant de semer la terreur et de dissuader les révolutionnaires algériens de transposer l’insurrection chez eux.
De valeureux militants ont été exécutés pour « terrorisme » en France, dont certains par la guillotine. On citera l’exemple de Mohamed Benzouzou, exécuté le 26 septembre 1959, Ahcene Aït Rabeh et Ahmed Cherchari, le 23 février 1960, Abdallah Kaabouche, le 17 mars 1960, un ancien d’Indochine, poursuivi pour l’assassinat d’un délateur qui avait donné plusieurs militants du FLN. Il y avait aussi Mohamed Feghoul et Menaï Brahimi, exécutés le 5 avril 1960, Boukhmis Tafer, le 9 juillet 1960, Abderrahmane Khelifi, le 30 juillet 1960. Celui-ci était accusé d’avoir participé à une attaque contre deux postes de police à Lyon, qui avait fait sept blessés. Il n’avait que 19 ans. On peut également citer Miloud Boukandoura, marié à une Française qui était resté à ses côtés tout au long de son emprisonnement, exécuté le 5 août 1960 avec Abdelkader Makhlouf. Celui-ci, refusant d’être jugé par un tribunal militaire, a décidé de ne faire aucune déclaration. Après lui, il y a eu Salah Dehil, exécuté le 31 janvier 1961. Son dernier mot avant de mourir était, selon des témoignages : « Vive le FLN ! Vive l’Algérie libre et indépendante ! »
Parmi les grands témoins de cette tragédie vécue par les Algériens en territoire français, le moudjahid Moussa Lachter qui a publié un ouvrage-clé de cet épisode, dès 1962, aux éditions Maspero. Intitulé : La guillotine : journal d’un condamné à mort, ce témoignage décrit les souffrances et les pressions psychologiques infligées aux détenus à travers sa propre expérience dans les couloirs de la mort, où le gardien est toujours là pour rappeler au malheureux prisonnier si jamais il avait oublié : « On te coupera la tête, ici ! », désignant du doigt l’endroit où était placée la guillotine. L’auteur dit à propos de son geôlier : « Il ne savait pas que plus le corps s’affaiblissait, plus l’esprit s’élevait, car dans le cœur habitaient des gens que nous voulions libérer de la soumission et une patrie pour laquelle nous souhaitions le salut. Il ne savait pas non plus que nous nous considérions déjà comme morts, dès lors que nous étions condamnés à mort. Lorsque, dans nos va-et-vient dans ce sinistre couloir, le gardien de prison, me demandait de lui remettre ma veste, mon pantalon et mes chaussures, je ne panique jamais, parce que j’avais appris cela dans les deux anciennes prisons (Maçon et Saint Paul) ».
L’auteur relate l’histoire de ses codétenus qu’il a vus pour la dernière fois dans le couloir de la terrible prison de Montluc. « Mohammed Feghoul, un homme courageux et un militant d’une espère rare. Les chaînes n’ont jamais quitté ses mains durant toute la période où il était en prison, car l’administration coloniale l’a classé de « dangereux ». Sur le chemin de la mort, il a refusé les chaînes et toute aide. Il est monté seul sur l’échafaud et placé lui-même la tête sous la lame, en ouvrant grand les yeux. Devant ce spectacle effroyable, son compagnon Menaï Brahimi s’évanouit. On a dû attendre jusqu’à ce qu’il reprît ses esprits, pour lui ôter la tête de la même manière atroce qui était leur civilisation ».
Moussa Lacheter raconte aussi dans son livre l’histoire de Boukhmis Tafer, avec qui il avait passé la journée à jouer au football dans la cour de la prison et mangé quelques fruits et ri quelques moments, avant de se séparer le soir avec toujours le même sourire et le même espoir d’un lendemain qui chante. « Ils sont venus le conduire à l’aube, et je l’ai entendu dire : « Les bourreaux sont venus me prendre. Saluez l’Algérie, au revoir mes frères Mahfoud et Moussa, que Dieu vous aide !
« Après la mort de ce brave, il n’y avait plus aucune peur. Même la garde avait versé de chaudes larmes pour lui. Dans les couloirs, nous chantions: « Min Djibalina!» et nous scandions : « Vive le GPR ! Vive le FLN ! Vive le peuple algérien et vive l’Algérie ! » Depuis ce jour, nous avons décidé collectivement de nous coucher de bonne heure et de nous lever tôt pour ne pas permettre aux bourreaux de nous prendre par surprise dans nos cellules avant la levée du jour. »
Lorsque vint le tour d’un autre militant, Khelifi Abderrahmane, les détenus ont entendu un jeune déserteur français ami français, détenu dans la même prison, crier : « Assassins ! Courage mon frère ! »
On lui laissa juste le temps d’accomplir une prière. Même c

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